Actu :  ...  L'herbe cache et la pluie efface... (volet III)  .........    Atelier ..."Carré blanc ?"...

 

 

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Peine de vivre, peine de mort

 

 

Ne dit-on pas parfois que tout commence, tout finit par des chansons ?

 

Peine de vivre :

S’agit-il de ce mal de vivre de Barbara, de cette ultra moderne solitude de Souchon, le monde est-il stone comme le chante Starmania, ne me quitte pas, tout peut s’oublier, etc, etc....

 

Peine de mort :

Attention ! Gare au gorille ; Etes-vous de l’avis de Sardou ou de Joan Baez ? Sacco et Vanzetti, vingt et cent ou à deux ; Je ne suis pas seul à réécouter Genet mis en notes par Daho.

 

Nos juke-box d’hier, nos MP3 d’aujourd’hui tentent bien de nous apprendre à aimer, si nous prenions la peine perpétuelle de regarder un instant la vérité ; Mais nos guerres intimes ou partagées, nos confrontations, ne font pas dans la dentelle, Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! N’aimez surtout pas les derniers.

 

Une héroïne de Truffaut, dans La femme d’à côté, nous dit  que la vérité sort de la bouche des chansons : … plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies ; Donnons nous la peine de regarder l’autre d’à côté mieux qu’impardonnablement coupable ; Tant mieux si les refrains sont des petites bestioles piquantes, ils nous rappellent que cela vaut peut-être la peine.

 

Allons enfants accusés, relevez vous !

Allons enfants de toutes les détresses !

En avant !

Quand nous chanterons le temps des cerises…. Merde aux corbeaux ! Aux merles moqueurs !

 

A.G.

 

 

 

Un concept

Il s’agit d’émanciper le regard et le geste créatif ; Chacun appréhendera, interprétera avec ses propres « outils » un projet, sa propre direction.

L’atelier s’articulera sur plusieurs aspects, facettes de la notion d’engagement qui constitue son fil conducteur.

Des constats sociétaux sensibles, historiques, omniprésents, seront abordés. Chacun illustrera à sa façon les thèmes de réflexion proposés et empruntera dans la mesure du possible la singularité de son propre questionnement, exprimé par un vocabulaire autant plastique que critique.

Depuis l'aube des années soixante, "Ich bin ein Berliner", parmi d'autres "hymnes", résonne encore JFK l'avait prononcé, à quelques pas du mur de Berlin.

Sa chute a trente ans...

 

 

 

Atelier 2019 - 2020

Jallais bientôt venir au monde, quand un président des états-unis vint planter une graine de liberté au pied d’un certain mur de la honte ; « Ich bin ein Berliner » ; Cette petite phrase allait franchir quelques rues, avant de faire le tour de la terre, traversant murailles, frontières, ondes, années, idées. Ce cri d’indignation et d’espoir pour l’enfant que j’étais déjà a bercé mes premières années et les suivantes.

Me voici à présent, homme d’âge mur, au pied d’autres murs, comme plus de sept milliards d’autres humains, tandis qu’un autre président des états-unis avec la même fermeté mais une toute autre volonté bâtit, lui, son mur de la honte.

John Fitzgerald se retourne-t-il dans sa tombe ? Il ne s’agit pas de béatifier l’un ou de diaboliser l’autre ; Sur un lit d’amnésie, l’humanité s’est-elle « fichue dans de beaux draps », se retourne-t-elle aussi sans cesse, ne trouvant pas la paix, le juste sommeil. Les paupières du monde ne sont pas si lourdes ; On l’entend, il se fait entendre plus que jamais. On l’entend gémir, on l’entend s’indigner, on l’entend s’amuser, on l’entend s’ignorer. Ou est l’erreur sans cesse recommencée ? Chaque époque a ses murs, ses ruines, ses temples, ses idoles. Sur quel coin de table « malfamée » la partie qui se joue semble-t-elle toujours vouée au chaos, au malentendu, à l’inévitable, à la trahison ?

Que devenons-nous ? Que redevenons-nous ? D’autres malgré-nous, d’autres déserteurs ? La toile tendue sur tout le globe est comme un sac et n’a pas plus apaisé le bruit des bottes, les messes basses que la petite lucarne d’antan. Pourtant la craie du destin se casse sur le même noir tableau. L’homme saoulé de désespoir ou d’arrogance titube dans le même caniveau de l’histoire, traînant sa même « gueule de bois », sa même langue de bois, sa même hache de guerre ni froide, ni chaude ; réchauffée, déterrée.

La tête inclinée sur les écrans, ployant, nous sommes les touristes immobiles de toutes les horreurs, les funambules de toutes les excuses.

De l’autre côté, dans l’autre prison, des peuples campent sur la face sombre de l’humanité ; Des peuples sont transis près du feu d’acier, des autodafés ; Des peuples brûlent au trente-sixième dessous, au trente-sixième degré, à fond de cale ou déchaînés, au fin fond de tel ou tel désert de sable ou de glace, de cap et d’épée, de sabre et de prière. Chevauchant l’âne brave, l’humain se croit sur son cheval blanc alors qu’il est à terre. Partout des millions de femmes et d’hommes à la mer, à la fosse, à l’abordage d’étranges wagons funestes et clandestins.

Mais avançons-nous plus loin à genoux ; En regardant le ciel, en l’attendant ; Avançons-nous plus loin en consultant sa messagerie, sa cage ; Sa messagerie ? Sa ménagerie, où la nuit si tous les chats sont gris, tigres et chacals le sont aussi.

Mais le soleil se lève et se couche toujours ailleurs, trop tard ou trop tôt. Non les paupières du monde ne sont pas si lourdes. Qui veille sur ses enfants, retient leurs larmes ? Qui retient les bras d’honneur, les bras séculiers, tous ces coups de pieds dans le chemin des heures ? Qui actionne ces grands soirs aux matins de massues, ces métiers à bâillonner dans les sous-sols du déshonneur ? Qui se tire une balle dans la conscience, dans sa propre croix, qui prend le ciel sur la tête ?

Pourtant des voix partout s ‘élèvent. Entre les balles sifflantes, au dessus des foules hurlantes, le souffle de la patience ne couvre pas le brouhaha. L’esprit du bien ou du mieux tente de se faufiler dans le chas du glaive pour recoudre ce qui est encore possible.

L’élan reste futilement fertile près du volcan.

Chaque époque a ses murs de tic-tac, de matraques, ses réveils douloureux, ses fourmilières impassibles, ses erreurs à bout d’argument. L’homme n’a que sa vie comme pioche, que ses mains à tendre. Il a tout de même marché sur la lune, c’était aussi le vœux de John, pas pour fuir la terre. Si l’on distingue depuis l’espace la Muraille de Chine, on ne voit pas l’assiette vide au pied du gratte-ciel.

De John à Donald, que de temps perdu ! Que de chemins ensanglantés ! Qu ‘en est-il de nos vies, de nos petites vies, entre nos petits murs ? Donnons-nous l’exemple ? Qu’en est-il de nos scènes de ménage, nos querelles de voisinage, nos nouvelles élucubrations, nos tords aux cheveux longs ? Avons-nous tellement grandi ? Mi-chêne, mi mauvaise herbe ; Mi ange, mi démon ; Depuis ce discours de John Fitzgerald Kennedy, qu’avons-nous gagné ? Quelques centimètres dit-on, quelques trous de ceinture assurément, quelques années d’espérance de vie, d’abnégation ou d’abstention, quelques moments de divertissement, quelques minutes sur l’immuable, le superflu, le temps de cuisson d’un œuf dur ?

Nous n’avons pas plus atteint le salut, le « sceaux » de miel posé sur la plus haute étagère. Qu’avons-nous donc perdu de notre essentiel ? Ce n’est pas qu’à l’artiste de répondre quelque chose.

Mettez-vous dans sa peau, vous trouverez peut-être vos propres réponses.

« Ich bin ein Berliner ». Nous sommes des Berlinois, nous aussi. C’est le premier sujet que nous allons aborder dans cet atelier.

 

 

A. G.