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I, immobiles ?

Extraits

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Ta maison n'a pas de marches, comme ton sourire.Tu voyages autour de quelques meubles encombrés, le soleil se couche au bout de ton jardin, ses sentiers n'ont pas de trottoirs ; pas de klaxons dans ton royaume discret sans importance ; simple, exemplaire. Chêne sous un chêne, tu ne juges personne, ta canne est un roseau ; ton chien est brave, ton chat ronronne ; tu sièges à l'assemblée des hirondelles ; ton lit est une branche cassée mais tu chantonnes parfois près de la radio. A ta fenêtre, le rideau attrape les alizés du quartier, le bruit des poubelles sent la vie ; tu ne fais que quelques pas quand d'autres déambulent et s'égarent ; même les yeux clos, tu vas plus loin qu'un taxi de nuit. C'est sûr ; tu iras sur la porte regarder les passants ; c'est certain ; tu pousseras jusqu'au bout de la rue, pour parler aux voisins et saluer les inconnus. Tu sais d'où tu reviens, tu fais tout ton possible : chercher le pain, poster une lettre, partir aux Galapagos. Tu « marches sur la mer » à ta façon, bien d'autres reculent, courent après des ombres absurdes. Tu nous montres le phare, le gouvernail, l'enclume, le mouchoir dénoué de la vigueur et de l'espoir. Albatros de fer, ton coeur pilote des fusées, tes paroles et ta pudeur ne sont pas les scaphandres maladroits ou abandonnés du quotidien. La roue de l'infortune tourne entre tes doigts, sans ragtime ni Mississippi, comme la terre autour de sa torche et tes yeux restent aussi bleus même au fond de la poche d'un soir de tristesse. Tu nous montres le phare, le gouvernail, l'enclume, le mouchoir dénoué de la vigueur et de l'espoir. Albatros de fer, ton coeur pilote des fusées, tes paroles et ta pudeur ne sont pas les scaphandres maladroits ou abandonnés du quotidien. La roue de l'infortune tourne entre tes doigts, sans ragtime ni Mississippi, comme la terre autour de sa torche et tes yeux restent aussi bleus même au fond de la poche d'un soir de tristesse. Tu es « l'homme qui ne marche pas », mais jamais impassible ; tu es celui qui ne bouge plus mais qui ne pense pas à l'impossible ; tu es l'autre qu'on ne comprend pas mais qui sait lire sur les lèvres de l'âme, dans ses propres entrailles.Tu construis sans crainte ta si légère Muraille de Chine dans ta ruelle, dans ta cervelle, ou sous ta véranda, dehors se croisent les vrais emmurés dans leurs beaux linges et leurs machines. Tu petite empreinte reste fraîche dans ce monde humainement si immobile. A. Garbuio.